{"id":10988,"date":"2025-10-17T09:46:00","date_gmt":"2025-10-17T08:46:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/?p=10988"},"modified":"2025-10-17T09:46:02","modified_gmt":"2025-10-17T08:46:02","slug":"csddd-en-peril-pourquoi-les-entreprises-divergent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/csddd-en-peril-pourquoi-les-entreprises-divergent\/","title":{"rendered":"CSDDD en p\u00e9ril : pourquoi les entreprises divergent"},"content":{"rendered":"\n
La CSDDD affaiblie par l’Omnibus UE. Pourquoi les positions ont des positions oppos\u00e9es ? Que faire face \u00e0 cette incertitude r\u00e9glementaire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n La directive sur le devoir de vigilance des entreprises promettait une r\u00e9volution<\/a>. Elle devait cr\u00e9er des r\u00e8gles du jeu \u00e9quitables. Les entreprises occidentales se plaignaient depuis des ann\u00e9es. Leurs concurrents des \u00e9conomies \u00e9mergentes op\u00e9raient sous des r\u00e8gles plus l\u00e9g\u00e8res. Ils \u00e9vitaient les contr\u00f4les co\u00fbteux en mati\u00e8re de droits humains. Ils esquivaient les garanties environnementales dans leurs cha\u00eenes d’approvisionnement… La CSDDD allait changer cela. Adopt\u00e9e en 2024, la CS3D \u00e9tablissait des normes uniformes. Toute grande entreprise sur les march\u00e9s europ\u00e9ens devrait respecter les m\u00eames obligations<\/strong>. La g\u00e9ographie n’aurait plus d’importance. Un fabricant chinois suivrait les m\u00eames r\u00e8gles qu’un allemand. Du moins, c’\u00e9tait la th\u00e9orie.<\/p>\n\n\n\n Moins d’un an plus tard, tout a chang\u00e9<\/strong>. Le paquet de simplification Omnibus de la Commission europ\u00e9enne est arriv\u00e9 en f\u00e9vrier 2025<\/a>. Il a fondamentalement remodel\u00e9 la directive. Le champ d’application s’est consid\u00e9rablement r\u00e9duit. Les exigences ont \u00e9t\u00e9 substantiellement affaiblies. Les retards de calendrier ont repouss\u00e9 la mise en \u0153uvre de plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n En octobre 2025, la bataille politique s’est intensifi\u00e9e. Les socialistes et d\u00e9mocrates du Parlement europ\u00e9en ont accept\u00e9 la position des conservateurs. Les n\u00e9gociations en trilogue ont commenc\u00e9 entre la Commission, le Conseil et le Parlement. Le sort de la directive restait en suspens.<\/p>\n\n\n\n Le plus remarquable : l’Europe des entreprises s’est scind\u00e9e en camps oppos\u00e9s<\/strong>. Roland Busch, PDG de Siemens, et Patrick Pouyann\u00e9, PDG de TotalEnergies, ont men\u00e9 un groupe de 46 dirigeants. Ils exigeaient l’abolition compl\u00e8te de la CSDDD<\/a>. Pendant ce temps, Ferrero, Mars et Nestl\u00e9 prenaient la position inverse. Ils demandaient le maintien de r\u00e9glementations environnementales solides<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Pourquoi cette divergence spectaculaire ? Qu’est-ce qui explique une telle dynamique antinomique ? Et que doivent faire les entreprises face \u00e0 une r\u00e9glementation aussi impr\u00e9visible ?<\/p>\n\n\n\n La CSDDD est n\u00e9e d’un grief concurrentiel fondamental. Les entreprises europ\u00e9ennes faisaient face \u00e0 des co\u00fbts croissants li\u00e9s \u00e0 la conformit\u00e9 en mati\u00e8re de durabilit\u00e9<\/strong>. Pendant ce temps, les concurrents d’Am\u00e9rique du Nord, de Chine et des \u00e9conomies \u00e9mergentes op\u00e9raient sous des r\u00e8gles diff\u00e9rentes. Cela cr\u00e9ait des d\u00e9savantages structurels sur les march\u00e9s mondiaux. Prenons un exemple.<\/p>\n\n\n\n Ce sch\u00e9ma se r\u00e9p\u00e9tait dans tous les secteurs. Les fabricants allemands se plaignaient des rivaux chinois subventionn\u00e9s par l’\u00c9tat. Les maisons de mode italiennes notaient que les concurrents turcs \u00e9vitaient la conformit\u00e9 environnementale. Les entreprises alimentaires nordiques regardaient les exportateurs agricoles br\u00e9siliens op\u00e9rer sans surveillance des droits humains.<\/p>\n\n\n\n La CSDDD visait \u00e0 \u00e9tablir un socle commun pour le devoir de vigilance en mati\u00e8re de durabilit\u00e9<\/strong><\/a>. Elle devait uniformiser les r\u00e8gles du jeu pour les entreprises op\u00e9rant dans l’UE. Le m\u00e9canisme \u00e9tait intelligent. Toute entreprise g\u00e9n\u00e9rant un chiffre d’affaires substantiel dans l’UE ferait face aux m\u00eames obligations. L’origine deviendrait sans importance. La puissance du march\u00e9 de l’UE allait imposer des r\u00e8gles r\u00e9duisant les distortions de concurrence.<\/p>\n\n\n\n Avant la CSDDD, l’Europe souffrait d\u00e9j\u00e0 de fragmentation. La France a adopt\u00e9 sa loi sur le devoir de vigilance en 2017<\/a>. L’Allemagne a suivi avec sa loi sur le devoir de vigilance dans les cha\u00eenes d’approvisionnement en 2021<\/a>. La Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne pr\u00e9voyaient des lois similaires. Chaque juridiction cr\u00e9ait des exigences diff\u00e9rentes. Les entreprises naviguaient dans un patchwork d’obligations plus ou moins convergent.<\/p>\n\n\n\n La CSDDD cherchait \u00e0 harmoniser les exigences de diligence raisonnable dans les \u00c9tats membres de l’UE. Elle visait \u00e0 uniformiser les r\u00e8gles du jeu pour les entreprises actives sur le march\u00e9 europ\u00e9en. Cette harmonisation importait pour deux raisons. Premi\u00e8rement, elle \u00e9liminait les avantages concurrentiels de l’arbitrage juridictionnel en Europe. Deuxi\u00e8mement, elle cr\u00e9ait des r\u00e8gles pr\u00e9visibles pour les concurrents internationaux.<\/p>\n\n\n\n La dimension extraterritoriale s’est av\u00e9r\u00e9e cruciale. La CSDDD compl\u00e9tait la directive sur les rapports de durabilit\u00e9 des entreprises. Elle s’inscrivait dans la politique de l’UE visant \u00e0 favoriser une \u00e9conomie qui fonctionne pour les citoyens. Ensemble, ces instruments promettaient une v\u00e9ritable responsabilisation. Voyons comment cela fonctionnerait en pratique. <\/p>\n\n\n\n La CSDDD allait au-del\u00e0 des exigences de reporting. Elle imposait une intervention r\u00e9elle. Les entreprises devaient identifier les risques, pr\u00e9venir les impacts, att\u00e9nuer les dommages et fournir des r\u00e9parations. <\/strong>La directive cr\u00e9ait une exposition en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 pour les manquements.<\/p>\n\n\n\n Cette approche ax\u00e9e sur l’action diff\u00e9renciait la CSDDD des cadres ant\u00e9rieurs. Alors que la CSRD impose le reporting des impacts significatifs, la CSDDD exigeait que les entreprises traitent activement ces impacts<\/a>. La combinaison cr\u00e9ait une responsabilisation compl\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n Les dispositions relatives \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile importaient particuli\u00e8rement. Les entreprises pouvaient faire face \u00e0 des r\u00e9clamations de dommages pour pr\u00e9judices li\u00e9s aux droits humains ou \u00e0 l’environnement. Cette exposition financi\u00e8re incitait \u00e0 une conformit\u00e9 rigoureuse. La durabilit\u00e9 passait d’initiative volontaire \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 commerciale.<\/p>\n\n\n\n Les partisans soutenaient que la CSDDD am\u00e9liorerait finalement la comp\u00e9titivit\u00e9<\/strong><\/a>. Elle stimulerait l’innovation dans les pratiques durables. Elle prot\u00e9gerait les entreprises europ\u00e9ennes des risques de r\u00e9putation. Elle les positionnerait avantageusement \u00e0 mesure que les normes mondiales se renforceraient.<\/p>\n\n\n\n Une enqu\u00eate r\u00e9cente confirme un large soutien des d\u00e9cideurs \u00e9conomiques \u00e0 la CS3D par ailleurs. 63% des dirigeants dans cinq grandes \u00e9conomies de l’UE soutiennent les plans de transition climatique obligatoires pour les grandes entreprises<\/a>. Ils exhortent la Commission \u00e0 maintenir des cadres de durabilit\u00e9 robustes. Ils soulignaient la n\u00e9cessit\u00e9 d’informations ESG standardis\u00e9es pour des d\u00e9cisions d’investissement \u00e9clair\u00e9es. De ce point de vue, une vigilance raisonnable solide n’entrave pas les entreprises. Elle les prot\u00e8ge.<\/p>\n\n\n\n La logique des investisseurs s’est av\u00e9r\u00e9e \u00e9galement convaincante<\/strong>. Les risques de durabilit\u00e9 sont des risques financiers. Les impacts climatiques perturbent les op\u00e9rations. Les violations des droits humains d\u00e9clenchent des boycotts. La d\u00e9gradation environnementale d\u00e9truit les cha\u00eenes de valeur. Les entreprises sans diligence raisonnable robuste font face \u00e0 une exposition catastrophique. Pourtant, cette vision strat\u00e9gique \u00e0 long terme est entr\u00e9e en collision avec des inqui\u00e9tudes imm\u00e9diates sur la comp\u00e9titivit\u00e9 de court terme dans le contexte de d\u00e9veloppement de droits de douane am\u00e9ricains notamment.<\/p>\n\n\n\n Le paquet de simplification Omnibus a fondamentalement r\u00e9\u00e9crit la CSDDD<\/strong><\/a>. Pr\u00e9sent\u00e9 le 26 f\u00e9vrier 2025, il proposait des changements radicaux. En octobre 2025, ces changements se concr\u00e9tisaient. La position du Parlement europ\u00e9en s’est solidifi\u00e9e. Les n\u00e9gociations en trilogue ont commenc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Le 8 octobre 2025, les socialistes et d\u00e9mocrates du Parlement europ\u00e9en ont accept\u00e9 la position du Parti populaire europ\u00e9en. Cela marquait un tournant crucial. Le champ d’application modifi\u00e9 proc\u00e9derait aux n\u00e9gociations en trilogue. Les trois institutions de l’UE montraient une convergence croissante diluant la CS3D de son contenu. Les trois s’accordent d\u00e9sormais sur les changements de seuils cl\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n L’\u00e9rosion a commenc\u00e9 des mois plus t\u00f4t. L’Omnibus de f\u00e9vrier 2025 a introduit des changements fondamentaux sous la banni\u00e8re de la comp\u00e9titivit\u00e9. Il visait \u00e0 r\u00e9duire les charges administratives de 25% pour les grandes entreprises. Pour les PME, l’objectif atteignait 35%.<\/p>\n\n\n\n Les retards de calendrier sont venus en premier. La date limite de transposition est pass\u00e9e de juillet 2026 \u00e0 juillet 2027. La premi\u00e8re vague d’application est pass\u00e9e de juillet 2027 \u00e0 juillet 2028. Les entreprises ont re\u00e7u une ann\u00e9e suppl\u00e9mentaire de pr\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n Pourtant, ce retard a eu des effets en cascade. Les entreprises ont adopt\u00e9 des postures d’attente. Les efforts de mise en \u0153uvre ont stagn\u00e9. L’urgence s’est \u00e9vapor\u00e9e. Les avantages concurrentiels pour les premiers acteurs ont disparu.<\/p>\n\n\n\n Le plus cons\u00e9quent peut-\u00eatre, l’Omnibus a r\u00e9duit la couverture de la cha\u00eene de valeur. La CSDDD originale exigeait que les entreprises \u00e9valuent les partenaires commerciaux directs et indirects. La version modifi\u00e9e introduit des limitations critiques.<\/p>\n\n\n\n Les \u00e9valuations approfondies des risques pour les partenaires indirects n\u00e9cessitent d\u00e9sormais des \u00ab\u00a0informations plausibles\u00a0\u00bb sugg\u00e9rant des impacts n\u00e9gatifs. Sans ces informations, les entreprises peuvent ignorer les fournisseurs distants. Cela cr\u00e9e des failles massives en pratique. L’ignorance devient un crit\u00e8re de conformit\u00e9 !<\/strong> Je ne sais pas, donc il n’y a pas de probl\u00e8me… <\/p>\n\n\n\n Consid\u00e9rons les cha\u00eenes d’approvisionnement \u00e9lectroniques mondiales. Une marque europ\u00e9enne s’approvisionne aupr\u00e8s d’assembleurs asiatiques. Ces assembleurs utilisent des fabricants de composants. Les composants incorporent des min\u00e9raux provenant de mines africaines. <\/p>\n\n\n\n Le fardeau de la preuve change fondamentalement. Les entreprises peuvent pr\u00e9tendre manquer d’informations sur les fournisseurs indirects. L’opacit\u00e9 des cha\u00eenes d’approvisionnement devient une d\u00e9fense. La diligence raisonnable syst\u00e9matique proactive visant \u00e0 \u00e9viter les probl\u00e8mes c\u00e8de la place \u00e0 l’enqu\u00eate r\u00e9active une fois des probl\u00e8mes av\u00e9r\u00e9s<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n Les exigences op\u00e9rationnelles ont subi des coupes s\u00e9v\u00e8res. Les entreprises font d\u00e9sormais face \u00e0 des obligations de surveillance tous les cinq ans au lieu d’annuellement. Dans les secteurs en \u00e9volution rapide, les cycles de cinq ans garantissent des angles morts. Des impacts n\u00e9gatifs significatifs peuvent \u00e9merger, s’intensifier et causer des dommages irr\u00e9versibles entre les examens.<\/p>\n\n\n\n Les exigences d’engagement des parties prenantes ont \u00e9t\u00e9 affaiblies de mani\u00e8re similaire. La proposition Omnibus r\u00e9duit le champ des parties prenantes \u00e0 celles \u00ab\u00a0directement affect\u00e9es\u00a0\u00bb par les op\u00e9rations. Cela exclut potentiellement les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, les syndicats et les repr\u00e9sentants communautaires.<\/p>\n\n\n\n Ces groupes servent souvent de syst\u00e8mes d’alerte pr\u00e9coce. Ils identifient les risques \u00e9mergents avant qu’ils ne deviennent des crises. Leur exclusion r\u00e9duit la qualit\u00e9 de la diligence raisonnable. Elle limite \u00e9galement les m\u00e9canismes de responsabilisation. Moins de voix peuvent tenir les entreprises responsables.<\/p>\n\n\n\n Les dispositions relatives \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile ont fait face \u00e0 une suppression compl\u00e8te. La CSDDD originale \u00e9tablissait des r\u00e8gles de responsabilit\u00e9 sp\u00e9cifiques \u00e0 l’\u00e9chelle de l’UE. Elles s’appliqueraient comme des dispositions imp\u00e9ratives prioritaires m\u00eame en vertu du droit non europ\u00e9en. Le paquet Omnibus \u00e9limine cela enti\u00e8rement.<\/p>\n\n\n\n Au lieu de cela, la directive r\u00e9vis\u00e9e renvoie aux r\u00e9gimes de responsabilit\u00e9 nationaux variables. Cela r\u00e9introduit la fragmentation au sein de l’UE. Une entreprise pourrait faire face \u00e0 une responsabilit\u00e9 substantielle en France mais \u00e0 une exposition minimale dans un autre \u00c9tat membre. Le terrain de jeu \u00e9quitable dispara\u00eet.<\/p>\n\n\n\n L’\u00e9limination supprime \u00e9galement les normes uniformes pour les concurrents non europ\u00e9ens. Sans responsabilit\u00e9 harmonis\u00e9e, les dynamiques concurrentielles reviennent \u00e0 l’arbitrage juridictionnel. Les entreprises structurent leurs op\u00e9rations pour minimiser l’exposition. L’objectif original de la CSDDD s’\u00e9vapore.<\/p>\n\n\n\n La CSDDD \u00e9tablissait initialement un lien utile entre les droits humains et l’att\u00e9nuation des risques climatiques<\/a>. L’Omnibus supprime l’exigence pour les entreprises de \u00ab\u00a0mettre en \u0153uvre\u00a0\u00bb les plans de transition climatique. L’accent se d\u00e9place vers l’adoption de plans plut\u00f4t que leur ex\u00e9cution. Les entreprises doivent d\u00e9crire les actions pr\u00e9vues. Mais elles ne font face \u00e0 aucun mandat pour mettre en \u0153uvre ces actions.<\/p>\n\n\n\n Ce changement affaiblit fondamentalement la responsabilisation climatique. Les entreprises peuvent r\u00e9diger des documents aspirationnels sans suivi significatif. L’\u00e9cart entre engagement et action s’\u00e9largit. Les objectifs climatiques deviennent performatifs plut\u00f4t que pratiques.<\/p>\n\n\n\n Le processus l\u00e9gislatif reste fluide. Une fois publi\u00e9 officiellement, l’Omnibus de simplification n\u00e9cessite l’approbation du Parlement et du Conseil. La Commission a demand\u00e9 un traitement \u00ab\u00a0acc\u00e9l\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb. Pourtant, le calendrier reste flou.<\/p>\n\n\n\n La Commission a soumis deux propositions de directive distinctes. La premi\u00e8re se concentre uniquement sur le report des exigences de divulgation et des d\u00e9lais de transposition. En s\u00e9parant les questions, elle vise un accord rapide sur les retards. Cela gagne du temps pour n\u00e9gocier les changements fondamentaux.<\/p>\n\n\n\n Les \u00c9tats membres qui ont d\u00e9j\u00e0 transpos\u00e9 la CSRD et la CSDDD doivent modifier leurs mises en \u0153uvre dans les 12 mois. Par exemple, la Belgique a d\u00e9j\u00e0 transpos\u00e9 la CSRD originale dans sa l\u00e9gislation nationale. Cette l\u00e9gislation reste actuellement en vigueur. \u00c0 l’inverse, la Belgique n’a pas encore transpos\u00e9 la CSDDD.<\/p>\n\n\n\n Cela cr\u00e9e une complexit\u00e9 suppl\u00e9mentaire<\/strong>. Les entreprises op\u00e9rant au-del\u00e0 des fronti\u00e8res font face \u00e0 des exigences changeantes. Les mises en \u0153uvre nationales divergent des directives de l’UE. Le paysage r\u00e9glementaire devient de plus en plus fragment\u00e9 malgr\u00e9 les objectifs d’harmonisation.<\/p>\n\n\n\n Le d\u00e9veloppement le plus fascinant n’est pas l’Omnibus lui-m\u00eame. C’est la r\u00e9ponse des entreprises. Le monde des affaires europ\u00e9en s’est fractur\u00e9 en camps oppos\u00e9s. <\/strong>La divergence r\u00e9v\u00e8le des tensions fondamentales sur la r\u00e9glementation, la concurrence et la strat\u00e9gie d’entreprise.<\/p>\n\n\n\n Le 6 octobre 2025, 46 PDG allemands et fran\u00e7ais ont envoy\u00e9 une lettre. Elle \u00e9tait destin\u00e9e au chancelier Friedrich Merz et au pr\u00e9sident Emmanuel Macron. Le message \u00e9tait sans \u00e9quivoque. Ils exigeaient \u00ab\u00a0l’abolition compl\u00e8te de la CS3D comme signal clair et symbolique\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n Patrick Pouyann\u00e9, PDG et pr\u00e9sident de TotalEnergies, a sign\u00e9 au nom des 46. Roland Busch, pr\u00e9sident et PDG de Siemens, a cosign\u00e9. Ce ne sont pas des acteurs marginaux. Siemens emploie plus de 300 000 personnes dans le monde. TotalEnergies se classe parmi les plus grandes compagnies \u00e9nerg\u00e9tiques mondiales.<\/p>\n\n\n\n Leur lettre allait au-del\u00e0 de l’abrogation de la CSDDD. Elle esquissait un programme d\u00e9r\u00e9gulateur complet. Ils appelaient \u00e0 recadrer la politique de concurrence pour permettre les fusions strat\u00e9giques. Ils exigeaient un moratoire sur les r\u00e8gles num\u00e9riques, y compris la loi sur les donn\u00e9es et la loi sur l’IA. Ils voulaient un gel des nouvelles directives de l’UE. Ils insistaient sur une simplification d’ici le 1er janvier 2027.<\/p>\n\n\n\n Les mesures \u00e9nerg\u00e9tiques r\u00e9v\u00e9laient particuli\u00e8rement les priorit\u00e9s. Ils appelaient \u00e0 retarder les r\u00e9ductions des quotas d’\u00e9mission gratuits jusqu’\u00e0 ce que le m\u00e9canisme d’ajustement carbone aux fronti\u00e8res<\/a> de l’UE fasse ses preuves. Ils exigeaient un \u00ab\u00a0omnibus \u00e9nergie et climat\u00a0\u00bb int\u00e9grant la \u00ab\u00a0neutralit\u00e9 technologique\u00a0\u00bb. Le sous-texte \u00e9tait clair. La r\u00e9glementation climatique contraint les affaires.<\/p>\n\n\n\n Quelques jours plus t\u00f4t, une coalition diff\u00e9rente a \u00e9merg\u00e9. Le 2 octobre 2025, des entreprises de divers secteurs de mati\u00e8res premi\u00e8res ont envoy\u00e9 leur propre lettre. Les signataires comprenaient Ferrero, Mars et Nestl\u00e9. Ils \u00e9crivaient \u00e0 la commissaire \u00e0 l’environnement Jessika Roswall.<\/p>\n\n\n\nLa directive europ\u00e9enne du devoir de vigilance CS3D \u00e0 la crois\u00e9e des chemins<\/h2>\n\n\n\n
La promesse de l’\u00e9quit\u00e9 concurrentielle \u2013 Pourquoi l’Europe avait besoin de la CSDDD<\/h2>\n\n\n\n
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L’imp\u00e9ratif d’harmonisation<\/h3>\n\n\n\n
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Passer du reporting \u00e0 l’impact<\/h3>\n\n\n\n
L’argument concurrentiel de la durabilit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n
L’\u00e9visc\u00e9ration par l’Omnibus \u2013 Comment la r\u00e9glementation s’est effondr\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n
Octobre 2025 : Le champ d’application se r\u00e9duit consid\u00e9rablement<\/h3>\n\n\n\n
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Propositions de f\u00e9vrier 2025 : La premi\u00e8re vague de dilution d\u00e9j\u00e0<\/h3>\n\n\n\n
Champ d’application de la cha\u00eene de valeur s\u00e9v\u00e8rement restreint<\/h3>\n\n\n\n
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Surveillance et engagement vid\u00e9s de leur substance<\/h3>\n\n\n\n
\u00c9limination de la responsabilit\u00e9 civile<\/h3>\n\n\n\n
Plans de transition climatique r\u00e9trograd\u00e9s<\/h3>\n\n\n\n
Un paysage r\u00e9glementaire finalement plus fragment\u00e9 malgr\u00e9 les objectifs d’harmonisation<\/h3>\n\n\n\n
Le schisme des entreprises \u2013 Pourquoi le monde des affaires se divise sur la r\u00e9glementation de la durabilit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n
Les abolitionnistes : Siemens et TotalEnergies m\u00e8nent la charge<\/h3>\n\n\n\n
Les partisans : Les entreprises de mati\u00e8res premi\u00e8res d\u00e9fendent les r\u00e8gles de durabilit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n