{"id":2468,"date":"2020-12-08T20:54:01","date_gmt":"2020-12-08T19:54:01","guid":{"rendered":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/?p=2468"},"modified":"2025-10-06T17:01:17","modified_gmt":"2025-10-06T16:01:17","slug":"mieux-gerer-les-risques-socio-environnementaux-de-sa-supply-chain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/mieux-gerer-les-risques-socio-environnementaux-de-sa-supply-chain\/","title":{"rendered":"3 axes pour mieux g\u00e9rer les risques socio-environnementaux de sa supply chain"},"content":{"rendered":"\n
Dans son dernier w\u00e9binaire, Ksapa a convi\u00e9 Schneider Electric et Michelin pour \u00e9changer sur la rem\u00e9diation des risques socio-environnementaux. Vous avez \u00e9t\u00e9 nombreux \u00e0 vous joindre. Ksapa rel\u00e8ve le d\u00e9fi avec un plan en 3 axes discut\u00e9 avec les intervenants dont les contenus sont accessibles ici<\/a>. <\/strong><\/p>\n\n\n\n Le paysage r\u00e9glementaire pousse de plus en plus les entreprises \u00e0 mieux g\u00e9rer les risques socio-environnementaux de leurs supply chains. Par exemple, les conclusions du Conseil europ\u00e9en<\/a> sur les Droits de l’Homme dans les approvisionnements mondiaux ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es. La Commission europ\u00e9enne va donc tabler sur un nouveau cadre juridique rendant la diligence raisonnable obligatoire pour les entreprises<\/a>. Son mandat inclue \u00e9galement le lancement d’un plan d’action sur les cha\u00eenes d’approvisionnement durables \u00e0 partir de 2021. Il combinerait ainsi la promotion des Droits de l’Homme, de normes de diligence raisonnable socio-environnementale et de la transparence.<\/p>\n\n\n\n Le but est d’exiger des entreprises qu’elles r\u00e9visent la port\u00e9e et la granularit\u00e9 de leurs gestion et rem\u00e9diation de risques. Il s\u2019agit \u00e0 terme de renforcer l’acc\u00e8s aux recours pour les \u00e9ventuelles victimes de violations des Droits de l\u2019Homme. Elles pourront ainsi prendre des mesures pertinentes pour pr\u00e9venir ces risques \u2013 tout en \u00e9valuant l’efficacit\u00e9 de telles mesures en continu. <\/p>\n\n\n\n Que faudra-t-il donc pour que les entreprises con\u00e7oivent, activent, contr\u00f4lent et communiquent d\u2019efficaces proc\u00e9dures de gestion de leurs risques socio-environnementaux ? Comment s’assurer qu’elles couvrent l’ensemble de leur approvisionnement, au-del\u00e0 de leurs op\u00e9rations et filiales ? Pour apporter des solutions concr\u00e8tes aux grands enjeux de notre \u00e9poque, Ksapa propose 3 axes de travail pour mieux g\u00e9rer les risques socio-environnementaux des supply chains. <\/p>\n\n\n\n Les entreprises font l’objet d’injonctions contradictoires<\/a> pressantes. Elles doivent mieux g\u00e9rer les risques socio-environnementaux de leur supply chains, tout en \u00e9voluant dans un march\u00e9 mondial en pleine transformation.<\/p>\n\n\n\n Le forum des Nations unies sur les entreprises et les Droits de l’Homme s\u2019est fait \u00e9cho de cette pression. Dans le m\u00eame temps, les Principes pour l’investissement responsable ont lanc\u00e9 un programme pluriannuel sur les Droits de l’Homme<\/a>. En somme, une solide politique de respect des Droits de l’Homme renforce l\u2019entreprise qui la d\u00e9veloppe. Elle renforce en effet l’\u00e9valuation des risques et r\u00e9pond aux attentes des parties prenantes. <\/p>\n\n\n\n Tout converge \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer une pression encore plus forte sur les entreprises \u2013 y compris de la part de leurs investisseurs. Le r\u00e9cent rejet par les cantons suisses d\u2019un cadre national de diligence raisonnable<\/a> cristallise ces enjeux. Ce vote a automatiquement fait entrer en vigueur une contre-proposition plus mod\u00e9r\u00e9e. Mais le sens de l’histoire est en marche: Les entreprises suisses ne devront pas moins s’aligner avec la directive de l’UE pour conserver des liens avec le march\u00e9 europ\u00e9en. <\/p>\n\n\n\n L’initiative Institute for Human Rights and Business, intervenue r\u00e9cemment dans le cadre des activit\u00e9s de Ksapa<\/a>, se fait l\u2019\u00e9cho de cette mobilisation. Elle signale en effet l’interconnexion des risques sociaux et environnementaux \u00e0 travers la supply chain. Son r\u00e9cent rapport<\/a> appelle \u00e0 int\u00e9grer toutes les approches de respect des Droits de l’Homme, justice climatique et d\u00e9veloppement durable. En p\u00e9riode de crise, cela contribuerait \u00e9galement \u00e0 une relance \u00e0 la fois verte et juste<\/a>. <\/p>\n\n\n\n Dans le m\u00eame temps, les cha\u00eenes d\u2019approvisionnements sont \u00e9minemment mondialis\u00e9es, complexes et interconnect\u00e9s. Les commodit\u00e9s agricoles en sont un exemple type: des dizaines de milliers de fournisseurs approvisionnent les acheteurs du Fortune 500. Les entreprises doivent donc mieux appr\u00e9hender leur amont, pour identifier et palier les impacts n\u00e9gatifs de leurs approvisionnements. <\/p>\n\n\n\n Facteur additionnel de complexit\u00e9 , la Covid-19 ajoute 2 freins aux efforts de gestion des risques socio-environnementaux dans les supply chains:<\/p>\n\n\n\n Les entreprises s’efforcent de trouver l’\u00e9quilibre entre la rem\u00e9diation proactive de leurs risques et une gestion r\u00e9active de leurs approvisionnements. Tout cela dans un contexte de crises convergentes appel\u00e9es \u00e0 durer. Avant que ces injonctions contradictoires ne paralysent leurs approvisionnements, elles doivent apprendre \u00e0 mieux identifier, g\u00e9rer et pr\u00e9venir les risques correspondants. Voici 3 fa\u00e7ons de proc\u00e9der. <\/p>\n\n\n\n Lors de notre w\u00e9binaire, les intervenants ont convenu que la meilleure gestion de risques \u00e9limine les risques \u00e0 la source. Ils ont partag\u00e9 3 approches de r\u00e9vision de leur mod\u00e8le \u00e9conomique pour r\u00e9duire leurs risques socio-environnementaux :<\/p>\n\n\n\n Lorsque notre r\u00e9gime alimentaire n\u2019est pas sain, on commence par revoir nos repas. De la m\u00eame mani\u00e8re, Michelin et Schneider cherchent \u00e0 r\u00e9duire la quantit\u00e9 de produits transitant par leurs cha\u00eenes d’approvisionnement. Michelin am\u00e9liore par exemple la r\u00e9sistance de ses pneus, pour diminuer la consommation de carburant et les \u00e9missions de polluants et carbone \u00e0 travers leur phase d\u2019usage. L\u2019\u00e9conomie circulaire<\/a> offre en cela un outil de choix, dans la mesure o\u00f9 elle r\u00e9duit m\u00e9caniquement l’exposition au risque. Elle permet \u00e9galement de r\u00e9duire les co\u00fbts et rem\u00e9dier aux p\u00e9nuries, deux imp\u00e9ratifs commerciaux structurels par temps de crise pand\u00e9mique. <\/p>\n\n\n\n Certaines des propri\u00e9t\u00e9s qui assurent la fonctionnalit\u00e9 des produits les rendent \u00e9galement dangereux. Si ces risques ne peuvent \u00eatre ma\u00eetris\u00e9s, ces composants doivent \u00eatre \u00e0 terme \u00e9limin\u00e9s des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement et remplac\u00e9s. Schneider Electric et Michelin ont par exemple publi\u00e9 des strat\u00e9gies climat ambitieuses. Schneider Electric vise notamment une \u00e9conomie \u00e9quivalente \u00e0 4 millions de tonnes de carbone par an en renon\u00e7ant au SF6 d’ici \u00e0 2025. Son nouvel appareil de commutation \u00e0 moyenne tension SM AirSeT utilise d\u00e9j\u00e0 une isolation \u00e0 l’air pur<\/a>. <\/p>\n\n\n\n Michelin et Schneider Electric se sont attel\u00e9s \u00e0 la question de l’obsolescence programm\u00e9e. Les deux groupes envisagent notamment d’accorder des licences pour leurs services plut\u00f4t que leurs produits. Cela se traduirait respectivement par la vente d’un kilom\u00e8tre d’utilisation de pneus et d\u2019\u00e9conomies d’\u00e9nergie. Cela revient \u00e0 mettre la gestion des risques socio-environnementaux au m\u00eame niveau que le contr\u00f4le qualit\u00e9 en termes de caract\u00e9risation des actifs et activit\u00e9s industrielles. <\/p>\n\n\n\n Bien qu’elles favorisent une meilleure gestion des risques, ces innovations impactent les mod\u00e8les d\u2019affaires et interactions entre acheteurs et fournisseurs. C’est l\u00e0 qu’interviennent les Objectifs de D\u00e9veloppement Durable. Ils structurent en effet l’action des entreprises sans transf\u00e9rer d’externalit\u00e9s n\u00e9gatives sur leur \u00e9cosyst\u00e8me de parties prenantes. <\/p>\n\n\n\n Les\u00a0ODD des Nations unies\u00a0offrent un cadre complet\u00a0pour que les\u00a0entreprises\u00a0se concentrent\u00a0sur leurs\u00a0approvisionnements strat\u00e9giques. Le SDG 17, en particulier, encourage\u00a0le d\u00e9veloppement\u00a0de coalitions.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Relayant l’aspiration g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 des m\u00e9thodologies harmonis\u00e9es et des donn\u00e9es comparables, Schneider Electric a rejoint la Responsible Business Alliance<\/a>. Le groupe collabore ainsi avec des acteurs industriels confront\u00e9s aux m\u00eames risques. Les bases de donn\u00e9es communes sont un exemple clef de l\u2019apport des initiatives collaboratives : elles d\u00e9cuplent l\u2019efficacit\u00e9 des efforts entrepris et l’\u00e9conomie de ressources toujours plus limit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n Les partenariats sont propices \u00e0 l’alignement sur l\u2019ensemble des cha\u00eenes de valeur. Ils permettent d’optimiser le dialogue des entreprises avec leurs fournisseurs, sous-traitants et usagers. Michelin et la plateforme mondiale pour le caoutchouc naturel durable<\/a> travaillent par exemple sur les risques socio-environnementaux sp\u00e9cifiques \u00e0 cette mati\u00e8re premi\u00e8re. T\u00e9moignant de son efficacit\u00e9, le groupe a remport\u00e9 la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 intelligente\u00a0\u00bb du Prix EuroCham de D\u00e9veloppement Durable<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Les entreprises sont encourag\u00e9es \u00e0 communiquer leurs engagements aupr\u00e8s de leurs clients, b\u00e9n\u00e9ficiaires et parties prenantes. Elles doivent en cela partager leurs r\u00e9sultats mais aussi leurs plans d’action. Leurs \u00e9quipes tendent toutefois \u00e0 \u00e9viter les sujets sensibles, per\u00e7us comme trop politiques ou \u00e9loign\u00e9es du mod\u00e8le d’affaires. Les coalitions leur permettent de traiter ces enjeux en \u00e9talant les risques, tout en catalysant l’impact \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de tout un secteur. La Global Network Initiative priorise par exemple les op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9communications et m\u00e9dias sociaux, en lien avec la surveillance d’Etat. Elle a ainsi r\u00e9uni un panel sur les sp\u00e9cificit\u00e9s des TIC pour la diligence raisonnable en mati\u00e8re de Droits de l’Homme. Des groupes de m\u00eame sensibilit\u00e9 pourraient aider les entreprises \u00e0 traiter de travail forc\u00e9\u202f; une tendance clef depuis que des multinationales ont \u00e9t\u00e9 directement reli\u00e9es \u00e0 la pers\u00e9cution des communaut\u00e9s ou\u00efgoures<\/a>. <\/p>\n\n\n\n Schneider Electric, comme Michelin, s’appuient sur l’audit pour \u00e9valuer leurs dispositifs de rem\u00e9diation des risques socio-environnementaux dans leurs supply chains. Ils en reconnaissent aussi les limites<\/a> pour g\u00e9rer la complexit\u00e9, de l’\u00e9chelle et la granularit\u00e9 qu’exigent leurs engagements publics. <\/p>\n\n\n\n La Covid-19 consacre cette r\u00e9alit\u00e9 en cristallisant plus encore les injonctions contradictoires qui p\u00e8sent sur les entreprises. La crise les invite au r\u00e9examen des allocations de ressources, pour qu’elles d\u00e9montrent l’intentionnalit\u00e9 de leurs efforts. Le tout dans un contexte d’incertitude croissante et de r\u00e9duction de ces m\u00eames ressources. Les outils digitaux sont justement une cl\u00e9<\/a> pour mieux aborder ces enjeux d’\u00e9chelle, de visibilit\u00e9 et de rentabilit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n Affirmer que mesurer, c\u2019est g\u00e9rer est devenu un trope. Il n\u2019en demeure pas moins que les donn\u00e9es informent une meilleure prise de d\u00e9cisions. Divers acteurs \u00e9conomiques se tournent donc vers le num\u00e9rique pour automatiser leur collecte dans des univers de donn\u00e9es complexes. <\/p>\n\n\n\n Il s\u2019agit d’abord d\u2019identifier les risques mat\u00e9riels. A terme, ils pourront en d\u00e9duire plus d\u2019informations pour pr\u00e9voir l\u2019occurrence de risques socio-environnementaux dans ses approvisionnements. Parmi ces outils, la Big Data aide les entreprises \u00e0 mieux appr\u00e9hender la complexit\u00e9 de leurs approvisionnements. Elle peut aussi soutenir le d\u00e9ploiement de leurs dispositifs de rem\u00e9diation des risques socio-environnementaux \u00e0 l’\u00e9chelle attendue. <\/p>\n\n\n\nDes injonctions contradictoires freinent la bonne gestion des risques socio-environnementaux des supply chains<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Une pression croissante<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Des risques interconnect\u00e9s <\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Des approvisionnements complexes<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
\n
Le plan en 3 axes de Ksapa pour mieux g\u00e9rer les risques socio-environnementaux des supply chains<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
1. \u00c9liminer les causes profondes des risques socio-environnementaux<\/strong> <\/h3>\n\n\n\n
\u00c9liminer, r\u00e9duire, opter pour l\u2019\u00e9conomie circulaire<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
D\u00e9laisser les composants \u00e0 risque<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
Int\u00e9grer la gestion des risques socio-environnementaux dans le contr\u00f4le qualit\u00e9<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
2. Structurer son plan d\u2019approvisionnement responsable autour des ODD <\/strong> <\/h3>\n\n\n\n
M\u00e9thodologies<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
Alignement strat\u00e9gique<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
Aborder de front les enjeux sensibles<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
3. G\u00e9rer l’\u00e9chelle et la complexit\u00e9 de l’approvisionnement par le digital<\/strong> <\/h3>\n\n\n\n