{"id":2738,"date":"2021-01-29T12:09:17","date_gmt":"2021-01-29T11:09:17","guid":{"rendered":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/?p=2738"},"modified":"2024-12-24T10:12:49","modified_gmt":"2024-12-24T09:12:49","slug":"conseils-dadministration-piloter-la-transition-juste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/conseils-dadministration-piloter-la-transition-juste\/","title":{"rendered":"Conseils d’administration : piloter la transition juste"},"content":{"rendered":"\n
Les r\u00e9cents d\u00e9bats du sommet de Davos ont relay\u00e9 une feuille de route des plus claires. L’heure est au \u00ab\u00a0Great Reset\u00a0\u00bb, \u00e0 la reconfiguration tous azimuts. L’\u00e9quation est pourtant loin d’\u00eatre simple. Il s’agit d’acc\u00e9l\u00e9rer la transition climatique globale en d\u00e9pit de la perspective tout aussi claire de troubles sociaux. En d’autres termes, tout converge \u00e0 rendre la transition climatique aussi indispensable que d\u00e9licate. <\/strong><\/p>\n\n\n\n En 2021 plus que jamais, l’\u00e9quipe de Ksapa s’attache au concept de transition juste. Les Conseils d’administration jouent \u00e0 ce titre un r\u00f4le cl\u00e9. Ils sont en effet les mieux plac\u00e9s pour convaincre les entreprises de revoir leurs strat\u00e9gies climatiques \u00e0 l’aune d’une transition juste.<\/strong><\/p>\n\n\n\n La grande reconfiguration propos\u00e9e \u00e0 Davos suppose un engagement conjoint et urgent \u00e0 (re)d\u00e9velopper les fondations du syst\u00e8me socio-\u00e9conomique mondial. Le but? S\u00e9curiser un futur tout \u00e0 la fois plus juste, durable et r\u00e9silient.<\/p>\n\n\n\n Ce ralliement a tr\u00e8s probablement \u00e9t\u00e9 aliment\u00e9, voire renforc\u00e9, par les tendances de fond suivantes :<\/p>\n\n\n\n Tout cela reste pour autant insuffisant. Le G20 repr\u00e9sente 2\/3 de la population mondiale. Les \u00e9conomies du G20 consacrent pourtant encore 50% de plus de fonds de relance aux \u00e9nergies fossiles et non aux alternatives d\u00e9carbon\u00e9es. Il y a une raison simple \u00e0 cela : l’agenda social et le maintien des emplois. <\/p>\n\n\n\n L’exploitation p\u00e9troli\u00e8re n’est peut-\u00eatre pas bonne pour le climat, mais elle cr\u00e9e des emplois et des avantages fiscaux consid\u00e9rables. \u00c0 l’inverse, la construction d’un parc \u00e9olien refl\u00e8te avantageusement les ambitions de l’accord de Paris sur un territoire. Sa mise en coh\u00e9rence avec un agenda social sensible est plus complexe: moins d’emplois directs, moins de ressources fiscales g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par cette activit\u00e9, moins de retomb\u00e9es \u00e9conomiques sur le territoire.<\/p>\n\n\n\n Le changement climatique est un enjeu des plus complexes. Entre autres raisons, parce qu’il surpasse fondamentalement les int\u00e9r\u00eats individuels. La dilution intrins\u00e8que de nos responsabilit\u00e9s fait qu’il est plus facile de faire porter la responsabilit\u00e9 \u00e0 d’autres parties prenantes. Le prisme de la transition juste nous invite au contraire \u00e0 consid\u00e9rer toutes les perspectives, de la mani\u00e8re la plus inclusive possible, pour nous adapter collectivement \u00e0 l’urgence climatique. <\/p>\n\n\n\n La transition juste est le concept cl\u00e9 permettant de tenter de r\u00e9soudre l’\u00e9quation complexe de porter l’adaptation climatique avec la meilleure inclusivit\u00e9 sociale possible. En mati\u00e8re de climat en effet, les efforts individuels ne peuvent qu’\u00eatre encourag\u00e9s. Pour autant, s’ils tardent \u00e0 s’inscrire dans une logique plus collective, ils sont malheureusement insuffisants. Il suffit d’ailleurs de consid\u00e9rer les \u00e9carts observ\u00e9s entre une trajectoire de 1,5 ou 2 degr\u00e9s selon le GIEC<\/a>. Notre crise climatique est telle que sans approche inclusive, toute transition ne saurait qu’alimenter des dynamiques conflictuelles majeures. Ce serait contre-productif, \u00e0 l’heure m\u00eame o\u00f9 nous avons besoin de davantage d’alignement et non de moins.<\/p>\n\n\n\n Nombre de mouvements sociaux r\u00e9cents ont mis en lumi\u00e8res ces deux consid\u00e9rations. En France, par exemple, les Gilets Jaunes<\/a> se sont \u00e9lev\u00e9s contre une taxe sur le carbone jug\u00e9e injuste et ont d\u00e9clench\u00e9 de nouveaux conflits sur l’autel du d\u00e9veloppement durable. Ils ont finalement forc\u00e9 l’\u00c9tat \u00e0 effacer l’ardoise de la taxe sur le carbone pr\u00e9vue. Sa juste valorisation aurait \u00e9t\u00e9 pourtant si n\u00e9cessaire \u00e0 contribuer au financement et donner un signal prix positif pour porter notre transition climatique !<\/p>\n\n\n\n L’\u00e9lan autour d’une relance inclusive<\/a> se concr\u00e9tise \u00e0 mesure que les imp\u00e9ratifs politiques et financiers s’alignent. D’apr\u00e8s le Boston Consulting Group<\/a>, 50 % des investisseurs am\u00e9ricains soutiendraient les entreprises dans la poursuite de leurs priorit\u00e9s ESG. Ce, malgr\u00e9 le contexte de crise et, toutes proportions gard\u00e9es, au d\u00e9triment de leurs b\u00e9n\u00e9fices. De grands noms – dont Microsoft, Starbucks, Shell et BNP Paribas – ont suivi la tendance. Chacun y va de son<\/a> plan de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effets de serre entre autres mesures de protection de l’environnement.<\/p>\n\n\n\n Plus globalement, de nombreux secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 aspirent \u00e0 tirer les le\u00e7ons de Covid-19. Quoique pr\u00e9visibles<\/a>, des \u00e9v\u00e9nements \u00e0 fort impact comme des pand\u00e9mies ou le changement climatique sont encore trop mal g\u00e9r\u00e9s. Ils g\u00e9n\u00e8rent cependant des co\u00fbts \u00e9normes. Les entreprises doivent donc jouer leur r\u00f4le. Il est donc du ressort des Conseils d’administration de les guider dans leur gestion du changement climatique, parmi d’autres externalit\u00e9s d’ordre tout aussi syst\u00e9mique.<\/p>\n\n\n\n Ksapa pr\u00e9sente donc un plan d’action \u00e0 destination des Conseils d’administration. Voici 4 \u00e9tapes pour les aider \u00e0 cr\u00e9er du consensus et ainsi acc\u00e9l\u00e9rer la transition juste des entreprises.<\/p>\n\n\n\n Chez Ksapa, nous constatons que les clients confondent souvent les d\u00e9clarations de mission, vision et raison d’\u00eatre. Nous avons donc clarifi\u00e9 la marche \u00e0 suivre dans une r\u00e9cente note de cadrage<\/a>. <\/p>\n\n\n\n Certaines organisations se contentent en effet d’une d\u00e9claration de mission. D’autres d’une d\u00e9claration de mission et de vision. D’autres encore d\u00e9finissent un objectif organisationnel qui n’est pas la m\u00eame chose qu’une mission… Certaines utilisent des termes tout \u00e0 fait diff\u00e9rents pour d\u00e9crire leur mission, leur vision ou leur objectif. Beaucoup m\u00e9langent ces concepts. Trop finissent par publier une d\u00e9claration de mission qui correspond en fait \u00e0 une vision, si elles ne fusionnent pas vision et raison d’\u00eatre. Bref, \u00e0 tout m\u00e9langer, on finit par perdre le sens et oublier de donner aux parties prenantes de l’entreprise – sa direction, ses collaborateurs, clients par exemple – l’aiguillon dont il a pourtant bien besoin, particuli\u00e8rement en temps de crise.<\/p>\n\n\n\n Ces concepts de vision, mission et raison d’\u00eatre peuvent \u00eatre extr\u00eamement puissants… d\u00e8s lors qu’ils sont pr\u00e9cis et uniques. Ils doivent en effet favoriser un alignement collectif autour de ce qu’une organisation repr\u00e9sente. Tout se r\u00e9sume \u00e0 la mani\u00e8re dont on conf\u00e8re \u00e0 des personnes d’horizons divers le sentiment de contribuer \u00e0 un projet qui les d\u00e9passe.<\/p>\n\n\n\n De tels concepts gagnent encore en force lorsqu’ils s’articulent avec les objectifs de d\u00e9veloppement durable des Nations unies. Cela implique toutefois pour elles d’\u00e9viter l’\u00e9cueil de l’ODD-Washing. Ksapa a donc formalis\u00e9 une note de cadrage<\/a> afin d’expliquer comment explorer ces convergences r\u00e9alisables. <\/p>\n\n\n\n Une juste transition exige des entreprises qu’elles d\u00e9veloppent une vision et capacit\u00e9 organisationnelle plus claires pour aborder diff\u00e9rents enjeux de front. Quel est donc son r\u00f4le dans la soci\u00e9t\u00e9 ? Comment faire face au changement climatique tout en incluant et en respectant l’humain ? Ce n’est qu’en apportant des r\u00e9ponses convaincantes \u00e0 ces d\u00e9fis que les entreprises pourront garantir l’acceptabilit\u00e9 sociale de leurs activit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Compte tenu des temps incertains qui sont les n\u00f4tres, nombre de Conseils d’administration fonctionnent en mode de survie actuellement. Le risque est grand de ne se concentrer que sur le court terme au d\u00e9triment de consid\u00e9rations plus prospectives. C’est exactement le type de dynamique que Ksapa observe actuellement dans le cadre de diff\u00e9rentes missions. Ce n’est pourtant pas l\u00e0 le r\u00f4le d’un Conseil d’administration.<\/p>\n\n\n\n Les Conseils d’administration impriment au contraire une perspective strat\u00e9gique et une vision \u00e0 long terme dans l’entreprise qu’ils administrent. Les questions environnementales et sociales n’ont pas vocation \u00e0 y devenir un prisme de priorit\u00e9, mais elles doivent s’ins\u00e9rer dans la compr\u00e9hension des sujets strat\u00e9giques de l’entreprise. Ces questions ouvrent d’ailleurs souvent des d\u00e9bats parmi les moins consensuelles au sein de Conseils. Ce manque de consensus autour des questions environnementales et sociales est alors souvent r\u00e9v\u00e9lateur d’un manque de compr\u00e9hension des enjeux – et surtout de leurs implications concr\u00e8tes pour les activit\u00e9s de l’entreprise administr\u00e9e – de la part des membres du Conseil.<\/p>\n\n\n\n Pour contrer cette tendance, il est essentiel que les Conseils d’administration s’alignent sur les enjeux prioritaires du d\u00e9veloppement durable. Il s’agit de fait d’analyser leurs implications potentielles pour les entreprises qu’ils dirigent. Une telle r\u00e9union peut s’articuler autour de l’ordre du jour suivant :<\/p>\n\n\n\n Quoique controvers\u00e9 aujourd’hui, le risque pand\u00e9mique figure dans les cartographies de risques depuis plus d’une d\u00e9cennie. Il ne constituait pas jusqu’\u00e0 r\u00e9cemment un sc\u00e9nario de \u00ab\u00a0cygne noir\u00a0\u00bb; il a donc globalement \u00e9t\u00e9 insuffisamment prioris\u00e9. Le rapport 2021 sur les risques mondiaux du WEF<\/a> laisse poindre de nombreux autres d\u00e9fis sur notre horizon collectif. Cela va du terrorisme aux tensions g\u00e9opolitiques, en passant par les impacts climatiques, troubles sociaux, pertes de biodiversit\u00e9 et stress hydriques. Il faut de plus garder \u00e0 l’esprit que la plupart de ces crises imminentes pourraient fort bien se combiner. C’est justement de ces combinations que peuvent na\u00eetre les ph\u00e9nom\u00e8nes les plus incontr\u00f4lables.<\/p>\n\n\n\n Un programme de transition juste des entreprises implique donc de consid\u00e9rer si (et dans quelle mesure) des macro tensions sociales, environnementales ou soci\u00e9tales fortes peuvent concr\u00e8tement impacter les micro activit\u00e9s strat\u00e9giques et op\u00e9rationnelles de l’entreprise. La question cl\u00e9 est donc de savoir ce que les entreprises peuvent faire pour s’adapter efficacement \u00e0 la volatilit\u00e9 sociale actuelle.<\/p>\n\n\n\n La Harvard Business Review<\/a> propose une lecture fascinante des postures port\u00e9es par diff\u00e9rents profils membres de Conseils d’administration sur les questions de d\u00e9veloppement durable. Chez Ksapa, nous sommes trop souvent surpris d’entendre nier la corr\u00e9lation entre performances financi\u00e8res et extra-financi\u00e8res. <\/p>\n\n\n\n En fait, et cela nous semble une \u00e9vidence, une entreprise ne peut afficher de bonnes performances \u00e9conomiques que si elle est en prise avec les attentes de ses march\u00e9s. Parmi \u00e9videmment bien d’autres dimensions, ces m\u00eames march\u00e9s sont incontestablement fa\u00e7onn\u00e9s par les enjeux environnementaux, soci\u00e9taux et sociaux. Donc le lien ne peut \u00eatre empiriquement ni\u00e9 et \u00e9cart\u00e9. D’ailleurs, de nombreux travaux universitaires, port\u00e9s notamment par George Serafeim<\/a>, ont analys\u00e9 force de donn\u00e9es pour confirmer le lien entre le financier et l’extra-financier. <\/p>\n\n\n\n Pour autant, au cas par cas, c’est bien sur des exemples pr\u00e9cis que nous nous impliquons dans des Conseils d’administration et \u00e9tayons nos affirmations par des \u00e9tudes de cas et exemples concrets, recueillis au fil du temps et gr\u00e2ce \u00e0 des expertises diversifi\u00e9es. De notre point de vue, la meilleure fa\u00e7on de mobiliser d’autres membres du Conseil, c’est justement d’enclencher l’\u00e9change, tirer partie de leurs exp\u00e9riences et de la diversit\u00e9 des parcours des administrateurs, pour faire le lien concret entre diff\u00e9rents enjeux extra-financiers et leurs implications r\u00e9alistes, concr\u00e8tes et ancr\u00e9es dans ce qui compte vraiment pour l’entreprise en jeu. Ce travail permet \u00e9galement, en creux, d’identifier des faiblesses en mati\u00e8re d’expertise, de r\u00e9seaux, qu’il est possible de corriger en temps voulu dans la diversification des profils d’administrateurs.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 condition que leur expertise commune soit suffisamment \u00e0 jour et diversifi\u00e9e, les Conseils d’administration peuvent orienter efficacement la vision et l’ambition de l’entreprise. C’est particuli\u00e8rement vrai de leurs priorit\u00e9s en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement durable. Une mani\u00e8re d’\u00e9valuer objectivement cette expertise collective disponible consiste \u00e0 faire appel \u00e0 un tiers. Les administrateurs peuvent conduire cette analyse entre eux, et parcourir les questions suivantes peut permettre de tirer des conclusions utiles quant aux forces et faiblesses port\u00e9es par les membres du Conseil \u00e0 appr\u00e9hender avec le bon niveau d’expertise les questions ESG.<\/p>\n\n\n\nLes entreprises somm\u00e9es de conjuguer climat et justice sociale<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Accro\u00eetre les ambitions climatiques face \u00e0 l’urgence sociale<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Comprendre les enjeux d’une transition juste<\/h3>\n\n\n\n
Un plan de transition juste des entreprises en 4 \u00e9tapes port\u00e9 par les Conseils d’administration<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
1. Commencer par mettre en ordre la vision, mission et raison d’\u00eatre de l’entreprise administr\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n
2. Cr\u00e9er du consensus au sein des Conseils d’administration sur les principaux d\u00e9fis d’une transition juste pour l’entreprise administr\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n
Comment cr\u00e9er un consensus au sein du Conseil d’administration autour de transitions justes<\/em><\/h4>\n\n\n\n
3. Accro\u00eetre la diversit\u00e9 du Conseil d’Administration<\/h3>\n\n\n\n
Comment renforcer la diversit\u00e9 et l’expertise des Conseils d’administration<\/em> sur les questions ESG<\/h4>\n\n\n\n