{"id":316,"date":"2018-09-22T17:14:45","date_gmt":"2018-09-22T17:14:45","guid":{"rendered":"https:\/\/inclusive-resilient.org\/?p=316"},"modified":"2023-10-02T07:40:31","modified_gmt":"2023-10-02T06:40:31","slug":"levolution-de-la-mobilite-urbaine-symbole-de-lemergence-dune-consommation-plus-collaborative","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/levolution-de-la-mobilite-urbaine-symbole-de-lemergence-dune-consommation-plus-collaborative\/","title":{"rendered":"L’\u00e9volution de la mobilit\u00e9 urbaine, symbole de l\u2019\u00e9mergence d\u2019une consommation plus collaborative"},"content":{"rendered":"\n
Cet article mis \u00e0 jour a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 sur Le Cercle Les Echos ici<\/a><\/p>\n\n\n\n La crise du Velib et de l’Autolib \u00e0 Paris : simplement un probl\u00e8me de march\u00e9 public mal ficel\u00e9 ? Ou plus fondamentalement le fruit d’une donne qui a profond\u00e9ment chang\u00e9 en une dizaine d’ann\u00e9es? Mutation des attentes des consommateurs, transformation des espaces urbains, \u00e9volutions des usages des technologies ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n Le Velib \u00e9tait arriv\u00e9 dans les rues parisiennes en 2007. L’Autolib avait suivi en 2011. Les Rochellais avaient d\u00e9j\u00e0 leur Velib depuis 1976 mais l’innovation avait une r\u00e9sonnance diff\u00e9rente dans la capitale fran\u00e7aise, reprise ensuite rapidement par les v\u00e9los Citibank \u00e0 New York… Dix ans plus tard, les \u00e9checs et d\u00e9convenues signant la fin (Autolib) ou la fatigue (renouvellement Velib offrant des chantiers sans fin aux Parisiens) laissent un sentiment de gueule de bois. Que s’est-t-il pass\u00e9? C’est simple : le monde a chang\u00e9 et ces offres ne sont plus adapt\u00e9es aux besoins urbains. Une consommation plus collaborative est en cours d\u2019\u00e9mergence, \u00e0 ne pas n\u00e9gliger dans le traitement politique et manag\u00e9rial n\u00e9cessaire pour recr\u00e9er de l\u2019emploi et de la croissance, tout en encourageant une mobilit\u00e9 plus \u00e9conomique et moins polluante. Une bonne source d\u2019inspiration pour d\u2019autres secteurs.<\/p>\n\n\n\n Je me souviens lire Roland Barthes, Mythologies et ses pens\u00e9es sur la \u00ab nouvelle Citro\u00ebn \u00bb. Comment \u00eatre quelqu\u2019un et affirmer son statut social sans poss\u00e9der sa propre \u00ab d\u00e9esse \u00bb ? Une page s\u2019est compl\u00e8tement tourn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Le secteur automobile est en panique : de Lib\u00e9ration au New York Times en passant par le Financial Times et par des revues automobiles, les chiffres parlent d\u2019eux-m\u00eames : on nous apprend que le nombre de jeunes passant le permis a baiss\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, que le trafic de voitures<\/a> particuli\u00e8res a baiss\u00e9 de 24 % \u00e0 Paris en une d\u00e9cennie. Il devient plus difficile de vendre des voitures, surtout lorsque le march\u00e9 n\u2019est plus gonfl\u00e9 par des primes \u00e0 la casse gouvernementales acc\u00e9l\u00e9rant la rotation des ventes.<\/p>\n\n\n\n Dans ce contexte, Velib et Autolib ont \u00e9t\u00e9 pionniers dans l’offre de solutions alternatives faisant passer les principes de partage et de mutualisation d’outils de mobilit\u00e9 au premier plan. Renvoyant le symbole de la voiture individuelle dans les photos Kodak des 30 Glorieuses. <\/p>\n\n\n\n Mais Velib et Autolib ont eux-m\u00eame \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9s par un monde urbain qui s’est transform\u00e9 depuis 2010. D\u00e9j\u00e0, l’offre d’acc\u00e8s aux voitures et autres objets de mobilit\u00e9 de courte dur\u00e9e (voitures, v\u00e9los, trottinettes…) s’est d\u00e9velopp\u00e9e significativement. Mais la digitalisation des canaux de distribution a aussi rendu l’offre plus accessible pour l’identification, la localisation, le paiement de services : offre entre particuliers, loueurs professionnels, start-ups… Velib et Autolib apportaient un coup de neuf d\u00e9but 2010 dans la mobilit\u00e9 urbaine. Velib et Autolib semblent subitement rigides et coinc\u00e9s dans leurs infrastructures dans un monde plus digital 10 ans plus tard… <\/p>\n\n\n\n 46 % des conducteurs am\u00e9ricains de 18 \u00e0 24 ans choisiraient de disposer d\u2019un acc\u00e8s Internet plut\u00f4t que de poss\u00e9der un v\u00e9hicule. Le PDG de Ford Motors (qui, \u00e0 noter, n\u2019est autre que l\u2019arri\u00e8re-petit-fils de Henri Ford), nous pr\u00e9vient m\u00eame du risque d\u2019embouteillages et de congestion globale (\u00ab global gridlock \u00bb) et soutient qu\u2019il faut que \u00ab les concurrents automobiles, les gouvernements et les entreprises de t\u00e9l\u00e9phonie mobile se rallient pour cr\u00e9er un r\u00e9seau de transport<\/a> dans lequel pi\u00e9tons, cyclistes, voitures et transports publics feraient partie d\u2019un syst\u00e8me interconnect\u00e9 \u00bb. Il se passe donc quelque chose. La \u00ab d\u00e9esse \u00bb de Roland Barthes n\u2019est plus. La soci\u00e9t\u00e9 a chang\u00e9, le prix de l\u2019essence n\u2019a pas aid\u00e9. Des mutations sociales sont en cours, et si le besoin de mobilit\u00e9 est intact, voire bien plus grand aujourd\u2019hui qu\u2019il y a 50 ans, la mobilit\u00e9 ne passe plus forc\u00e9ment par la possession de la voiture, mais davantage par le co\u00fbt total d\u2019un acc\u00e8s \u00e0 un besoin de mobilit\u00e9, et la capacit\u00e9 de ce besoin d\u2019\u00eatre assouvi par une offre disponible au moment souhait\u00e9. En France, ce n\u2019est m\u00eame pas une situation exclusivement parisienne : j\u2019ai vu des parcs de covoiturage remplis, en pleine zone rurale, en Bretagne.<\/p>\n\n\n\n Un savant m\u00e9lange d\u2019avanc\u00e9es technologiques et d\u2019acceptation sociale fa\u00e7onne ainsi une nouvelle approche de la mobilit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n \u2013 La hausse de la part allou\u00e9e au v\u00e9hicule (achat, maintenance, essence et son prix constamment en hausse, etc.) dans les budgets des m\u00e9nages fait r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n\n\n\n \u2013 La pollution et la d\u00e9pl\u00e9tion des ressources naturelles font prendre conscience que notre hyperconsommation doit \u00eatre repens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n \u2013 Et les villes, les r\u00e9gions fa\u00e7onnent tant bien que mal un espace urbain r\u00e9duisant l\u2019espace allou\u00e9 \u00e0 la voiture pour partager l\u2019espace avec d\u2019autres services de mobilit\u00e9 : tram, v\u00e9lo, bus, covoiturage, etc.<\/p>\n\n\n\n \u2013 Les avanc\u00e9es technologiques r\u00e9centes (plateformes sociales, technologies mobiles, smart grids, Cloud computing) ont fait na\u00eetre un monde toujours plus hyperconnect\u00e9, facilitant l\u2019acc\u00e8s et l\u2019optimisation de services partag\u00e9s<\/p>\n\n\n\nVelib et Autolib, fossoyeurs de la voiture individuelle symbole de mobilit\u00e9 des 30 Glorieuses<\/h2>\n\n\n\n
La mobilit\u00e9 se banalise et se digitalise<\/h2>\n\n\n\n
La mobilit\u00e9 : l\u2019\u00e9mergence d\u2019une consommation plus collaborative ?<\/h2>\n\n\n\n