{"id":5684,"date":"2021-12-16T00:08:06","date_gmt":"2021-12-15T23:08:06","guid":{"rendered":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/?p=5684"},"modified":"2025-12-03T15:42:03","modified_gmt":"2025-12-03T14:42:03","slug":"ksapa-x-cobs-retours-sur-la-diligence-raisonnable-sur-les-droits-humains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/ksapa-x-cobs-retours-sur-la-diligence-raisonnable-sur-les-droits-humains\/","title":{"rendered":"Ksapa x CoBS : retours sur la diligence raisonnable sur les droits humains"},"content":{"rendered":"\n
Les diligences raisonnables en mati\u00e8re d’environnement et de droits humains permettent aux entreprises et aux investisseurs d’assumer leurs responsabilit\u00e9s envers la population et la plan\u00e8te<\/strong>. Plus de 50 pays pr\u00e9voient d\u00e9sormais d’appliquer une version de la diligence raisonnable en mati\u00e8re de droits humains. Ils s’appuient cependant sur des approches largement volontaires \u2013 comme des campagnes de sensibilisation ou de renforcement des capacit\u00e9s. <\/strong><\/p>\n\n\n\n Cela dit, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Australie ou encore la Californie ont mis le pied \u00e0 l’acc\u00e9l\u00e9rateur. Ils appliquent des instruments juridiquement contraignants. Agissant de concert, ils poussent les entreprises et investisseurs \u00e0 cartographier leurs risques au titre des droits humains et de la d\u00e9gradation de l’environnement. Il s’agit ensuite d’y rem\u00e9dier durablement et publier de l’information sur l’impact de telles mesures. C’est d’autant plus ambitieux que la d\u00e9marche doit couvrir l’ensemble de leurs cha\u00eenes de valeur. La proposition europ\u00e9enne de directive obligatoire sur la diligence raisonnable<\/a> en mati\u00e8re de droits humains devrait conf\u00e9rer au secteur priv\u00e9 la clart\u00e9 juridique \u00e0 laquelle il aspire. Le but \u00e9tant, \u00e0 terme, d’aboutir \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralisation de l’outil. <\/strong><\/p>\n\n\n\n Dans cet article, Ksapa se joint aux chercheuses Mary-Lee Rhodes et Linda Benrais du Council on Business and Society<\/a>. Ensemble, nous partageons nos points de vue sur les efforts \u00e0 date en mati\u00e8re de diligence raisonnable et de droits humains.<\/strong><\/p>\n\n\n\n Mary-Lee Rhodes : <\/strong>La r\u00e9ponse courte : nous devons drastiquement et collectivement intensifier nos efforts. Aucun d’entre nous, vraiment, n’est pr\u00eat pour une obligation de diligence raisonnable en mati\u00e8re de droits humains. C’est ce que montre l’\u00e9tude de la Commission europ\u00e9enne sur les obligations de diligence raisonnable \u00e0 travers les cha\u00eenes d’approvisionnement<\/a>. Elle souligne notamment les limites inh\u00e9rentes \u00e0 des mesures volontaires. Les entreprises qui travaillent ou op\u00e8rent au sein du bloc europ\u00e9en (comme ailleurs) causent, contribuent ou sont a minima li\u00e9es \u00e0 des violations de droits humains. C’est \u00e9galement vrai pour leurs impacts environnementaux, \u00e0 travers leurs op\u00e9rations, cha\u00eenes de valeur et relations commerciales.<\/p>\n\n\n\n Farid Baddache<\/strong> : Les normes internationales<\/a> ont pourtant converg\u00e9 au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es. Elles ont abouti \u00e0 un relatif consensus autour d’un processus de diligence raisonnable en 5 \u00e9tapes. Il s’agit d’abord de proc\u00e9der \u00e0 l’identification et l’\u00e9valuation des risques environnementaux et de droits humains, pour y rem\u00e9dier et finalement les pr\u00e9venir. La finalit\u00e9 \u00e9tant de mesurer l’impact de telles mesures et de publier l’information correspondante. C’est l\u00e0 le fondement des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits humains<\/a>. Des Principes de l’OCDE \u00e0 l’intention des entreprises multinationales. De la D\u00e9claration de principes tripartite de l’OIT sur les entreprises multinationales et la politique sociale<\/a> \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n Mary-Lee Rhodes <\/strong>: Ce qui est vrai au niveau mondial et multilat\u00e9ral l’est certainement aussi en Irlande. Le Trinity Center for Social Innovation a appliqu\u00e9 <\/a>l’\u00e9valuation des indicateurs du PNUD de r\u00e9f\u00e9rence en mati\u00e8re de droits humains au benchmark de 50 entreprises de premier rang. Ainsi, 88% ont un score inf\u00e9rieur \u00e0 50% et la moiti\u00e9 obtiennent 20% ou moins. <\/p>\n\n\n\n Dans cet esprit, la m\u00eame \u00e9quipe a formul\u00e9 5 recommandations pour le plan d’action irlandais pour les entreprises vis-\u00e0-vis des droits humains. L’intention ? Etablir des objectifs clairs ainsi que les plans d’action correspondants, assortis de d\u00e9lais et d’une affectation limpide des responsabilit\u00e9s pour toutes les entreprises op\u00e9rant en Irlande. De cette fa\u00e7on, elles pourront rendre compte de mani\u00e8re transparente de leurs risques vis-\u00e0-vis des droits humains et de leur performance environnementale.<\/p>\n\n\n\n En outre, les recommandations comprenaient la cr\u00e9ation d’un organisme de v\u00e9rification ind\u00e9pendant charg\u00e9 de publier un rapport tous les 2 \u00e0 3 ans sur le respect des principes directeurs des Nations Unies. Son p\u00e9rim\u00e8tre s’\u00e9tendrait \u00e0 toutes les entreprises op\u00e9rant en Irlande au-del\u00e0 d’une certaine taille et\/ou dans certains secteurs clefs. La charge de la publication de ces rapports serait financ\u00e9e par le biais d’une contribution volontaire des entreprises vis\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n Linda Benrais<\/strong> : Le Trinity Centre for Social Innovation recommande en effet le partage des co\u00fbts du reporting. Cela t\u00e9moigne en fin de compte de l’importance de la collaboration pour la g\u00e9n\u00e9ralisation de la diligence raisonnable en mati\u00e8re d’environnement et de droits humains. Si la cartographie est une \u00e9tape essentielle, l’engagement du Conseil d’administration et les proc\u00e9dures remont\u00e9es des griefs restent essentiels au niveau de l’entreprise. Il va cependant sans dire que ces questions sont tr\u00e8s vastes ; elles vont bien au-del\u00e0 du mandat de l’entreprise.<\/p>\n\n\n\n Les premi\u00e8res r\u00e9ponses \u00e0 la pand\u00e9mie de Covid-19 illustrent bien notre propos. Les acteurs les plus progressistes ont de fait cherch\u00e9 un \u00e9quilibre entre des actions relevant de la philanthropie et l’assistance \u00e0 court terme et des engagements \u00e0 plus long terme visant plus g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de vie et de travail. Cette crise mondiale a profond\u00e9ment modifi\u00e9 la compr\u00e9hension des entreprises de leurs propres responsabilit\u00e9s. En d’autres termes, il s’agit moins de faire preuve de bonne volont\u00e9 que d’\u00eatre capables d’actions concert\u00e9es. Une nouvelle forme de gouvernance \u00e9thique<\/a> des entreprises est d\u00e9sormais la pierre angulaire de partenariats intersectoriels motiv\u00e9s par de v\u00e9ritables transformations d\u00e9carbon\u00e9es et inclusives.<\/p>\n\n\n\n Farid Baddache :<\/strong> Il s’agit \u00e9galement de travailler avec des acteurs de tous horizon (\u00c9tats, organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, concurrents\u2026). Ces collaborations sont essentielles pour aider les entreprises \u00e0 concevoir des plans de diligence raisonnable \u00e0 grande \u00e9chelle, avec une mise en \u0153uvre \u00e0 un niveau tr\u00e8s granulaire. Cette logique relie efficacement la puissance politique et l’action du secteur priv\u00e9. Elle am\u00e8ne diff\u00e9rentes directions au sein d’organisations multinationales \u00e0 travailler ensemble. Elle engage les entreprises \u00e0 dialoguer avec leurs parties prenantes. <\/p>\n\n\n\n C’est finalement \u00e0 cette condition qu’une entreprise pourra efficacement mettre en \u0153uvre les recommandations du PNUD. Il s’agit, on le rappelle, de cartographier, rem\u00e9dier et pr\u00e9venir les violations des droits humains et la d\u00e9gradation de l’environnement. Les parties prenantes locales sont en effet clefs pour identifier les risques tout au long de cha\u00eenes d’approvisionnement complexes. Elles sont garantes de l’impact des mesures correctives sur le terrain. Ce sont elles encore qui en \u00e9valuent l’impact. <\/p>\n\n\n\nQuelle est votre opinion sur l’efficacit\u00e9 des efforts actuels de diligence raisonnable en mati\u00e8re d’environnement et de droits humains ?<\/h2>\n\n\n\n
Zoom sur le cas de l’Irlande<\/em><\/h4>\n\n\n\n
O\u00f9 se situe la collaboration intersectorielle en termes d’int\u00e9gration de la diligence raisonnable environnementale et des droits humains ?<\/h2>\n\n\n\n
Op\u00e9rationnaliser les initiatives collaboratives<\/em><\/h4>\n\n\n\n