1. Les investissements \u00e0 long terme indispensables sont d\u00e9prioris\u00e9s face \u00e0 des pressions de court terme<\/strong><\/h3>\n\n\n\n– Tout dans les environnements agricoles prend du temps.<\/strong> Instaurer la confiance avec les villageois prend du temps. Assurer l’adoption de diff\u00e9rentes pratiques agricoles prend du temps. Mesurer l’impact des programmes qui am\u00e9liorent les revenus, la sant\u00e9, l’\u00e9quilibre entre les genres et les pratiques respectueuses de l’environnement prend du temps. Il faut s’investir dans le long terme. <\/p>\n\n\n\n– Les entreprises sont a contrario particuli\u00e8rement sous pression pour obtenir des r\u00e9sultats \u00e0 court terme. <\/strong>Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, elles ont souvent pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des programmes g\u00e9n\u00e9rant des r\u00e9sultats plus faciles et plus rapides. L’engagement des consommateurs est per\u00e7ue comme \u00e9tant plus gratifiante. L’engagement des petits exploitants demande du temps et des efforts et est trop souvent rel\u00e9gu\u00e9 au second plan lorsque des opportunit\u00e9s de travailler avec des partenaires commerciaux moins fragment\u00e9s, per\u00e7us comme plus proches des op\u00e9rations commerciales ou permettant des gains plus rapides, ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es. Cela permet de faire progresser des sujets de consommation durable par exemple. Mais nombre de sujets de long terme reposent principalement au niveau des exploitations agricoles – ils ne progressent pas suffisamment.<\/p>\n\n\n\n– Les initiatives de collaboration sectorielle sont \u00e9galement soumises \u00e0 la pression de leurs membres.<\/strong> Ici, l’accent a \u00e9t\u00e9 mis sur les \u00ab\u00a0quick win\u00a0\u00bb qui permettent \u00e0 nombre d’initiatives collaboratives de d\u00e9montrer leur pertinence. Par exemple, en se concentrant sur l’engagement direct des fournisseurs (alignement sur les principes entre acheteurs, audits et engagement des fournisseurs, d\u00e9ploiement de technologies am\u00e9liorant la tra\u00e7abilit\u00e9, programmes am\u00e9liorant les performances des fournisseurs), ces initiatives font progresser la compr\u00e9hension entre acheteurs et fournisseurs de premier rang. Reste l\u00e0 encore que trop peu de fournisseurs r\u00e9percutent les efforts dans leur propre cha\u00eene d’approvisionnement et les petits exploitants restent ainsi peu embarqu\u00e9s dans ces programmes, en esp\u00e9rant que les fournisseurs am\u00e9lioreraient leurs pratiques et les transmettraient ensuite aux petits exploitants.<\/p>\n\n\n\nAinsi, les \u00e9changes ont montr\u00e9 combien les grandes entreprises ne peuvent r\u00e9aliser leurs \u00ab\u00a0engagements\u00a0\u00bb qu’en investissant massivement sur les petits exploitants. Par exemple, que l’on parle de \u00ab\u00a0Net Zero dans le Scope 3\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0Devoir de vigilance et ma\u00eetrise de risques dans la cha\u00eene d’approvisionnement\u00a0\u00bb, les gisements de probl\u00e8mes et de progr\u00e8s les plus importants se situent au niveau des petits exploitants. Manque d’acc\u00e8s \u00e0 la formation. Manque d’\u00e9quipement. C’est \u00e0 ce niveau que les grandes entreprises peuvent se conformer et mieux appr\u00e9hender la qualit\u00e9, le prix et le volume des mati\u00e8res premi\u00e8res qu’ils doivent finalement obtenir pour leur propre entreprise. L\u00e0 encore, ce n’est pas \u00e0 ce niveau l\u00e0 que l’essentiel des investissements se sont op\u00e9r\u00e9s jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n
2. Le d\u00e9fi de la fragmentation et du manque d’alignement des int\u00e9r\u00eats le long de la cha\u00eene de valeur<\/strong><\/h3>\n\n\n\n– Les petits exploitants sont hors de vue des acheteurs professionnels.<\/strong> Et m\u00eame les grands acheteurs mondiaux sont g\u00e9n\u00e9ralement de petits acteurs locaux qui n’ont qu’une influence limit\u00e9e sur l’am\u00e9lioration des performances en mati\u00e8re d’ODD dans leurs cha\u00eenes de valeur. Les initiatives de collaboration ont souvent contribu\u00e9 \u00e0 aligner les acheteurs sur les questions les plus importantes, en incluant parfois les fournisseurs. Mais l’inclusion des petits exploitants eux-m\u00eames dans ces initiatives dirig\u00e9es par les entreprises ou par la collaboration fait g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9faut.<\/p>\n\n\n\n– Les programmes existants manquent trop souvent d’une composante de performance d’impact,<\/strong> d’une dimension d’extensibilit\u00e9 et de strat\u00e9gies de financement \u00e0 long terme. Sans mesure de l’impact, il est difficile d’apporter les correctifs permettant de v\u00e9rifier si et comment les investissements g\u00e9n\u00e8rent les progr\u00e8s esp\u00e9r\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n– Le point de vue des petits exploitants est g\u00e9n\u00e9ralement absent<\/strong> de la conception et du d\u00e9ploiement des programmes. Trop de programmes se concentrent principalement – ou exclusivement – sur l’am\u00e9lioration des pratiques d’un produit de base qui int\u00e9resse les acheteurs industriels. Les petits exploitants s’int\u00e9ressent avant tout aux revenus qu’ils peuvent g\u00e9n\u00e9rer de leur exploitation. Ce n’est pas forc\u00e9ment la m\u00eame \u00e9quation. La diversification et les autres leviers sont donc primordiaux du point de vue du fermier, alors que la loyaut\u00e9 envers un acheteur ou une culture est souvent secondaire. Cette tendance peut se manifester dans le d\u00e9ploiement de programmes Net Zero qui peuvent \u00eatre conceptuels et abstraits pour les agriculteurs qui souhaitent avant tout acc\u00e9der \u00e0 de l’argent, de la nourriture ou quelque chose qu’ils peuvent mon\u00e9tiser maintenant. On peut embarquer des fermiers dans du \u00ab\u00a0Net Zero\u00a0\u00bb qu’en bout de cha\u00eene, une fois que le fermier tire d’autres b\u00e9n\u00e9fices concrets \u00e0 participer \u00e0 ce type de programme.<\/p>\n\n\n\nAinsi, il est apparu tr\u00e8s clairement lors de nos \u00e9changes que la priorit\u00e9 devrait \u00eatre donn\u00e9e aux programmes concrets du \u00ab\u00a0dernier kilom\u00e8tre<\/strong>\u00ab\u00a0, capables de prendre en compte la perspective des petits exploitants dans les programmes de d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n\n\n\n3. Insuffissance d’acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es sur le profil des petits exploitants<\/strong><\/h3>\n\n\n\n– Les d\u00e9finitions g\u00e9n\u00e9rales des petits exploitants sont beaucoup trop vague<\/strong>s et les acteurs de la cha\u00eene de valeur n’ont qu’une trop faible visibilit\u00e9 de ce que sont r\u00e9ellement les petits exploitants. Parler d’un agriculteur situ\u00e9 dans un march\u00e9 \u00e9mergent et vivant d’une parcelle de moins de 2 hectares est beaucoup trop g\u00e9n\u00e9rique pour concevoir des programmes pertinents sans engagement direct.<\/p>\n\n\n\n– L’engagement direct \u00e0 l’\u00e9chelle est compliqu\u00e9<\/strong>, et les entreprises ne savent pas vraiment comment le g\u00e9rer pour acc\u00e9der, recruter, embarquer dans la dur\u00e9e des communaut\u00e9s villageoises.<\/p>\n\n\n\n– Il y a un manque \u00e9vident de donn\u00e9es permettant de bien comprendre les petits exploitants dans leur diversit\u00e9<\/strong>, y compris le profil du m\u00e9nage, les habitudes et les besoins, les revenus et les d\u00e9penses.<\/p>\n\n\n\nD\u00e8s lors, il ressort clairement des discussions qu’un meilleur acc\u00e8s aux donn\u00e9es sur le profil des petits exploitants<\/strong>, tout en respectant leur vie priv\u00e9e, est essentiel pour am\u00e9liorer les programmes existants et mieux r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins r\u00e9els en mati\u00e8re de renforcement des capacit\u00e9s, de moyens de subsistance, de diversification et d’acc\u00e8s aux services financiers, entre autres.<\/p>\n\n\n\n