{"id":957,"date":"2019-08-06T18:37:34","date_gmt":"2019-08-06T17:37:34","guid":{"rendered":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/?p=957"},"modified":"2024-12-30T22:40:09","modified_gmt":"2024-12-30T21:40:09","slug":"gestion-responsable-des-controverses-rse-bonnes-pratiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ksapa.org\/fr\/gestion-responsable-des-controverses-rse-bonnes-pratiques\/","title":{"rendered":"Gestion responsable des controverses RSE : bonnes pratiques"},"content":{"rendered":"\n
Les controverses sur la responsabilit\u00e9 sociale des entreprises sont r\u00e9currentes. Quelques enseignements pour g\u00e9rer ces situations avec responsabilit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n Voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 presque 20 ans que des journalistes allemands – Klaus Werner et Hans Weiss – publiaient leur fameux \u00ab\u00a0Livre noir des entreprises (Das Schwarzbuch Markenfirmen)\u00a0\u00bb. Ce livre fort document\u00e9 d\u00e9crivait comment l’activit\u00e9 de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s multinationales rimait avec discrimination politique et sociale, pollution de l’environnement, violations du droit du travail, des droits humains et de la protection des consommateurs. 20 ans plus tard, les barom\u00e8tres se multiplient et se ressemblent : nombre de multinationales demeurent sous le feu de diff\u00e9rentes controverses, avec une dominante pour les secteurs de l’\u00e9nergie, de l’extraction, de l’agroalimentaire et de l’industrie pharmaceutique. Quels retours d’exp\u00e9rience ? Comment traiter ces sujets avec responsabilit\u00e9 ? <\/p>\n\n\n\n Le Larousse donne \u00e0 l’id\u00e9e de \u00ab\u00a0controverse\u00a0\u00bb la d\u00e9finition suivante : \u00ab\u00a0Discussion suivie sur une question, motiv\u00e9e par des opinions ou des interpr\u00e9tations divergentes\u00a0\u00bb. En pratique, ce que vivent les entreprises provient avant tout d’un incident – plus ou moins av\u00e9r\u00e9 – r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par une enqu\u00eate men\u00e9e par une partie prenante (ONG, collectif de travailleurs, syndicat, autorit\u00e9 locale par exemple…) et prenant une dimension m\u00e9diatique importante – amplifi\u00e9e notamment par les m\u00e9dias sociaux.<\/p>\n\n\n\n Pour autant, quel que soit l’incident \u00e0 l’origine de toute controverse, diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments reviennent sans cesse. Il convient donc de les \u00e9tudier.<\/p>\n\n\n\n En 2004, Amnesty International publiait un rapport d\u00e9taill\u00e9 pointant du doigt le scandale de l’esclavage sexuel au Kosovo au service de soldats de l’OTAN, de policiers des Nations Unies et de membres d’ONG s\u00e9journant dans la r\u00e9gion… Le cas est complexe et son analyse m\u00e9riterait d’\u00eatre d\u00e9taill\u00e9 plus avant. Pour autant, un enseignement est tout particuli\u00e8rement int\u00e9ressant. Les professionnels mandat\u00e9s pour mener leurs enqu\u00eates internes ont tr\u00e8s rapidement \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 la nature multiculturelle des \u00e9quipes de terrain en cause. De la Norv\u00e8ge au Pakistan, la perception de m\u00eames faits pouvait r\u00e9v\u00e9ler une tr\u00e8s grande diversit\u00e9 d’opinions. Des faits consid\u00e9r\u00e9s comme graves pour certains, pouvaient n’avoir que tr\u00e8s peu d’importance pour d’autres protagonistes, \u00e9voluant dans des contextes culturels et juridiques diff\u00e9rents. Les organisations internationales consid\u00e9r\u00e9es n’avaient par ailleurs \u00e0 l’\u00e9poque de fait que peu de politiques, directives ou formations permettant d’informer les personnels op\u00e9rationnels et de tracer des lignes rouges sur ces questions de prostitution. En partie parce qu’elles n’avaient pas \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es jusqu’alors \u00e0 des controverses similaires. En partie \u00e9galement parce qu’elle savaient qu’elles avaient \u00e0 g\u00e9rer des \u00e9quipes multiculturelles complexes et que la mise en place de politiques et de directives pouvait demander d’importants efforts de concertation et d’audits s’assurant du respect des proc\u00e9dures sur le terrain.<\/p>\n\n\n\n Ainsi se dessine un \u00e9l\u00e9ment essentiel de toute controverse. A l’origine de toute controverse, on trouve un point critique d’ignorance ou d’asym\u00e9trie d’information. <\/p>\n\n\n\n Il n’y a g\u00e9n\u00e9ralement pas de fum\u00e9e sans feu. Une controverse est bien le fruit d’interpr\u00e9tations divergentes quant \u00e0 une pratique ou un \u00e9v\u00e9nement. <\/p>\n\n\n\n Une controverse oppose diff\u00e9rentes parties prenantes dans leur interpr\u00e9tation d’une pratique ou d’un \u00e9v\u00e9nement. Faire converger les interpr\u00e9tations demande de la m\u00e9thode et de l’expertise technique. C’est l\u00e0 le deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment qui vient r\u00e9guli\u00e8rement renforcer et amplifier les controverses… <\/p>\n\n\n\n Une controverse peut s’amplifier et prendre des dimensions incontr\u00f4lables d\u00e8s lors que les parties en pr\u00e9sence sont incapables de s’accorder sur les m\u00e9thodologies et le type d’expertise technique n\u00e9cessaire pour \u00e9valuer une pratique ou un \u00e9v\u00e9nement source de divergence d’opinions. <\/p>\n\n\n\n Enfin, un \u00e9l\u00e9ment fondamental de d\u00e9finition d’une controverse est une large amplification dans les m\u00e9dias, notamment les m\u00e9dias sociaux, ce qui est souvent coupl\u00e9 avec un cas port\u00e9 devant la justice. Une controverse prend le statut de controverse par exemple lorsque les salari\u00e9s d’une multinationale estiment qu’ils ont besoin d’en savoir plus, et parlent entre eux du sujet \u00e0 la machine \u00e0 caf\u00e9, m\u00eame sans avoir la moindre relation directe avec l’\u00e9v\u00e9nement en question.<\/p>\n\n\n\n La gestion d’une controverse prend alors une toute autre tournure, puisque la divergence d’interpr\u00e9tation sur une pratique ou un \u00e9v\u00e9nement se traduit par une charge \u00e9motionnelle et\/ou financi\u00e8re forte. La gestion de la controverse est impact\u00e9e et n’est plus trait\u00e9e de mani\u00e8re sereine. <\/p>\n\n\n\n Ainsi la gestion de controverses pose des questions de m\u00e9thode pour les parties prenantes afin de r\u00e9duire les divergences de points de vue, et d’en tirer les enseignements permettant de r\u00e9duire tout risque d\u2019occurrence. <\/p>\n\n\n\n La formation d’un \u00e9cosyst\u00e8me de parties prenantes portant une diversit\u00e9 de regards sur les pratiques ou \u00e9v\u00e9nements est indispensable. Sans tabou, cela permet d’explorer toutes les facettes, comparer des faits et des chiffres. <\/p>\n\n\n\n Les questions \u00e9motionnelles ou financi\u00e8res rendent parfois ce travail difficile, voire impossible. Avec cr\u00e9ativit\u00e9, des m\u00e9thodes qualitatives et quantitatives d’investigation et de concertation de parties prenantes permettent toutefois de rem\u00e9dier autant que possible \u00e0 ces difficult\u00e9s. Dans le cadre d’instruction judiciaire ou extrajudiciaire, des espaces de m\u00e9diation offrent l\u00e0 encore la possibilit\u00e9 de confronter les points de vue.<\/p>\n\n\n\n L’accord de parties prenantes sur un arbre de causes permet d’identifier les diff\u00e9rents facteurs ayant conduit \u00e0 une pratique ou un \u00e9v\u00e9nement sujet de controverse. <\/p>\n\n\n\n Ainsi, un arbre de causes pourra reprendre un ensemble d’\u00e9l\u00e9ments \u00e0 l’origine d’une ignorance d’un probl\u00e8me, ou d’une asym\u00e9trie d’information afin de cartographier pr\u00e9cis\u00e9ment les points permettant d’\u00e9viter l’occurrence du risque. En travaillant ainsi sur des questions de conditions de travail dans des usines (heures suppl\u00e9mentaires), on peut assez rapidement questionner par exemple : <\/p>\n\n\n\n Un arbre des causes permettra ainsi de r\u00e9v\u00e9ler un ensemble de facteurs sur lesquels travailler autant pour r\u00e9duire l’asym\u00e9trie d’information entre parties prenantes que pour \u00e9tudier les correctifs n\u00e9cessaires \u00e0 d\u00e9ployer pour r\u00e9duire l’occurrence en question.<\/p>\n\n\n\n Les controverses sont utiles pour faire \u00e9voluer les pratiques des entreprises et calibrer, dans le temps, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est plus. Pour autant, la gestion responsable de ces controverses doit s’op\u00e9rer dans le respect de principes simples : <\/p>\n\n\n\n <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Les controverses sur la responsabilit\u00e9 sociale des entreprises sont r\u00e9currentes. 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1. Ignorance ou Asym\u00e9trie d’information<\/h3>\n\n\n\n
2. M\u00e9thode et expertise technique<\/h3>\n\n\n\n
3. Gestion rationnelle d’enjeux \u00e0 port\u00e9e \u00e9motionnelle et financi\u00e8re forte<\/h3>\n\n\n\n
Gestion responsable de controverses. Enseignements<\/h2>\n\n\n\n
1. Inclusion d’un \u00e9cosyst\u00e8me pertinent de parties prenantes<\/h3>\n\n\n\n
2. Cartographie de risques et occurrences<\/h3>\n\n\n\n

Conclusion : La gestion responsable de controverses, une question de m\u00e9thode et de transparence<\/h2>\n\n\n\n