transition énergétique

Fédérer toute la chaîne de valeur pour la transition énergétique

Ksapa a organisé deux webinaires sur le financement de la transition énergétique à travers les opérations et chaînes d’approvisionnement. En septembre, nous invitions Yann Guyomar (Mazars) et Raphaël Hara (Ksapa) a évoquer les impératifs socio-environnementaux et économique de la transition énergétique. En décembre, nous en soulignions l’urgence, en invitant les perspectives du conseiller politique du champion chilien pour l’action climatique, Ramiro Fernandez, l’associée de Mazars Leïla Kamdem-Fotso et le responsable de la stratégie du groupe H&M Kim Hellström.

Retrouvez la rediffusion complète du wébinaire sur notre site !

L’urgence de la transition énergétique 

La COP 21 a clarifié le rôle et l’importance des villes, gouvernements locaux, universités et investisseurs pour la transition énergétique. En septembre 2019, 66 pays se sont engagés à atteindre un objectif de neutralité carbone. D’ici à novembre 2021, ils devraient être 150. Le nombre de villes et entreprises concernées a de même plus que doublé au cours des deux dernières années.  

Cela témoigne d’une maturité croissante des acteurs clés sur les enjeux climatiques. Selon Ramiro Fernandez, les champions nommés par la COP ont sensiblement contribué à la mobilisation de leurs pays respectifs. C’est 80 % du PIB mondial qui devra être engagé pour atteindre la neutralité carbone d’ici à réunion de la COP26 à Glasgow (novembre 2021). 

Le processus prescrit se déroule en 4 étapes allant de l’engagement à l’accomplissement de la neutralité carbone d’ici 2040 ou 2050, en passant par la planification de mesures de court et moyen terme, l’activation des plans d’action correspondants et le partage des progrès accomplis. Cette base de référence permet de traduire efficacement les engagements en réalités opérationnelles. Antonio Guterres rappelait cependant que la course à la neutralité carbone ne peut être gagnée qu’avec le concours de tous.  

Etat des lieux  du financement de la transition énergétique 

Objectifs européens

Passer de la parole à l’acte en termes de neutralité carbone nécessite des investissements massifs. En janvier 2020, la Commission européenne estimait l’investissement annuel supplémentaire nécessaire à 260 milliards d’euros. Il n’en faudrait en effet pas moins pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des GES que les États s’étaient fixé après l’Accord de Paris (Hainaut, Cochran, I4CE). Ursula von der Leyen a depuis revu l’objectif à 55 % à l’horizon 2030. Cette estimation devra donc très probablement être réévaluée, soulignant là encore le besoin toujours croissant d’investissements (Forbes, 2020).  

Mécanismes de financement innovants

De nouveaux mécanismes d’investissement sont à l’étude qui multiplient les sources de financement. Parmi eux des fonds d’investissement thématiques, dont le fonds d’un milliard d’euros d’Unilever pour la promotion des substituts du plastique. De même, le fonds d’innovation d’un milliard de dollars de Microsoft qui soutient les technologies de réduction du carbone.

Obligations et mécanismes de marché

Les obligations vertes conformes à la taxonomie de l’UE, ou les nouveaux mécanismes de marché tels que le système européen d’échange de quotas d’émission, canalisent aussi les investissements en faveur de la transition énergétique. 

Nouveaux partenariats

De nouvelles formes de partenariats public/privé ou de financement mixte, comme la souscription des risques, les incitations ou les garanties, viennent également rassurer les investisseurs. C’est d’autant essentiels s’ils s’adressent à des marchés nouveaux ou en développement. Ces nouveaux outils favorisent ainsi le développement de nouvelles solutions technologiques capables d’accélérer la transition énergétique. 

Si les nouveaux outils de financement se multiplient, ils doivent nécessairement être renforcés par des décisions politiques. C’est le sens notamment du Green New Deal et de l’évolution du contexte réglementaire dans le sillage de la taxonomie verte. On ne saura trop répéter combien les projets audacieux de transition énergétique appellent des investissements importants. C’est particulièrement le cas de la production d’énergies renouvelables, l’efficacité énergétique ou l’éco-conception des produits. 

En ce sens, il est essentiel de fédérer tous les acteurs des chaînes de valeur dans la transition climatique. L’amélioration de leur résilience face à l’inévitable transition énergétique dépend en effet de la mobilisation de l’écosystème de fournisseurs et sous-traitants dont dépendent les entreprises. Conforter leur sécurité opérationnelle dans un contexte d’incertitude croissante est à ce prix. 

Solutions Ksapa pour l’activation de projets de transition énergétique en entreprise 

Le schéma de structuration ci-dessous a été développé par Ksapa pour accélérer la transition énergétique des entreprises. Parmi les principaux obstacles à l’activation de projets d’envergure figure en effet le manque de temps, de compétences et de capacité d’investissement. 

Ce schéma est conçu pour être facilement adaptable et reproductible tout au long de la chaîne de valeur. Il favorise en cela une plus grande résilience et un meilleur impact des entreprises partenaires. Cette structuration combine donc l’expertise technique et les solutions de financement. Elle a cela d’unique qu’elle mobilise également tout l’écosystème de fournisseurs et de sous-traitants prioritaires des entreprises. 

Un paysage réglementaire et financier favorable

Pour que la finance puisse efficacement soutenir la transition énergétique, la réglementation doit suivre. Selon Leïla Kamdem-Fotso, le discours de Mark Carney sur la Tragédie de l’Horizon a motivé plus de réglementations sur le climat. Si les sociétés financières et assureurs jouent un rôle clé dans la transition énergétique, les régulateurs doivent les y aider. Ce n’est qu’à cette condition que le secteur privé inclura pleinement les risques de transition dans ses modèles de gestion.  

Une enquête Mazars de 2020 montre cependant que les autorités de supervision et de régulation bancaires doivent intensifier leur action. Si 70% des banques centrales interrogées considéraient que le changement climatique menace la stabilité financière, 59% ne supervisent pas cette gestion des risques climatiques. 

Bien qu’actuellement restreints aux banques centrales néerlandaise, anglaise et française, les stress-tests climatiques pourraient faciliter la réorganisation de ces cadres de gestion. Ils permettent en effet de guider les politiques d’allocation des acteurs financiers, mais aussi les flux financiers qui en découlent. Ces stress-tests climatiques sont donc appelés à se généraliser. En effet, 79 % des banques centrales auraient l’intention d’intégrer le climat dans leurs stress-tests de routine. Ce mouvement témoigne de la volonté des régulateurs d’encourager les banques à intégrer les risques liés au climat dans leurs opérations quotidiennes et processus de gestion des risques. 

Concernant l’incitation des financements verts, enfin, l’enquête Mazars montre que seules 13 % des banques centrales sont favorables à l’application de facteurs de promotion ou de pénalisation des enjeux climatiques dans leurs exigences de fonds propres pour ces actifs. Ce décrochage semble principalement dû à la difficulté de prouver le lien entre actifs verts et réduction des risques. 

Des signes encourageants en entreprise

A titre d’exemple, H&M a développé des objectifs audacieux à la suite de son évaluation des risques. Le groupe s’est en effet engagé à réduire de moitié ses émissions de CO2 tous les dix ans. Il vise ainsi une empreinte climatique positive d’ici à 2040, allant un cran plus loin que la neutralité carbone. H&M s’engage en effet à réduire ses émissions de GES davantage que le Groupe n’en émet. Invité à partager son analyse à date, Kim Hellström liste comme principaux défis la collecte de données exploitables et le financement de projets sur toute la chaîne de valeur.  

Un défi pour les entreprises autant qu’un levier d’investissement réside dans une mesure précise des impacts et progrès. Les industriels doivent en effet prouver leur capacité à concevoir et activer des modèles de financement innovants sur l’ensemble de leurs approvisionnements. Il s’agirait alors d’agir au niveau local… et peut-être jusque dans leurs installations.  

Pour renforcer la lutte contre le changement climatique et relever le défi corollaire de sa mise en œuvre, les intervenants ont formulé les conseils suivants : 

  • Le perfectionnisme ne doit pas freiner l’action. Si les avantages du volontarisme climatique ne sont pas nécessairement indexés sur la science, le progrès des entreprises dépend de processus d’expérimentation. Il s’agit donc d’encourager les entreprises à tester diverses initiatives et réorienter leurs efforts dans une démarche d’amélioration continue. 
  • Les entreprises gagnent également à s’appuyer sur le mouvement de convergence engagé par Mark Carney. De nouveaux acteurs, coalitions, ressources et réglementations se mobilisent sans conteste pour soutenir le leadership des entreprises sur le front climatique. 

Conclusion : 2021, année charnière dans la transition énergétique 

Bien que la Covid-19 offre une vision sombre de l’avenir, ces dernières années ont vu le système financier mondial évoluer dans la bonne direction. La plupart des acteurs économiques semble avoir bien intégré le fait que 2030 soit la décade de la mise en œuvre. 2021 devrait donc marquer un tournant dans la transformation durable de l’entreprise et de la finance.  

A ce titre, Ksapa s’est constituée comme société à mission. Notre objectif est précisément de réunir l’expertise technique, juridique et financière nécessaire. Nous soutenons ainsi les investisseurs dans la transition de leurs actifs. De même, nous travaillons avec les entreprises dans l’activation de structures financières pour leurs sites, joint-ventures et fournisseurs stratégiques. Nos experts interviennent régulièrement auprès d’organisations internationales pour réunir les moyens financiers et techniques nécessaires pour accélérer durablement leur transformation. Ensemble, nous répondons aux injonctions de décarbonisation, de sobriété et de développement des énergies renouvelables. 

Adrien a rejoint Ksapa en tant qu’analyste junior pour participer notamment au développement et à la mise en place du programme SUTTI. Adrien a auparavant travaillé pour Danone et la RATP. Impliqué dans diverses ONG, Adrien a également participé à un projet d’émancipation économique au Cambodge ainsi qu’au mentorat d’entrepreneurs sociaux aux Philippines. Adrien est diplômé d’un Master Finance de l’Université Paris-Dauphine, ainsi que du MBA de l’ESSEC incluant un an basé à Singapour. Il parle français et anglais.

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